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1960, une décennie d’ouverture et de changement 

La décennie débute avec la signature du 100 000ème sociétaire à la M.A.A.A.F. Il s’agit de Monsieur Gabert, artisan en Haute-Savoie. Une fête est organisée pour l’occasion au siège, à laquelle est également convié Monsieur Robinault, souvenez-vous, le tout premier sociétaire ! Que de chemin parcouru... 

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Au cours de l’assemblée générale de juin 1961, presque après 10 ans d’existence, on vote l’abandon du « A » d’Automobile dans M.A.A.A.F. pour s’ouvrir à de nouveaux marchés et proposer de nouvelles garanties. 

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Les statuts de la mutuelle sont modifiés en conséquence et la nouvelle M.A.A.F. devient une assurance IARD (Incendie, Accidents et Risques Divers) complète. 

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La M.A.A.F. fait le choix de la diversification des contrats qu’elle propose aux artisans. Les contrats incendies et risques divers nécessitent un « vérificateur de risques » qui doit se rendre sur le terrain pour estimer les biens et locaux à garantir, rendant indispensables la formation de vérificateurs, mais aussi l’implantation d’un réseau de distribution différent de celui des contrats auto. 

À la fin de la décennie, la diversification de la mutuelle est bien engagée : elle assure le vol, les dégâts des eaux, tempêtes et ouragans, les marchandises transportées, les incendies, l’invalidité et incapacité totale ou temporaire suite à un accident corporel… avec des contrats tous risques, des protections complètes pour les artisans et leur famille, pour leur vie professionnelle comme leur vie privée. 

En 1956, la CMAF (Coopérative des Maîtres Artisans de France) est créée par M.A.A.A.F. dans le but de proposer aux artisans une assurance incendie immeuble, elle-même n’ayant pas encore obtenu l’agrément pour porter ce risque. À partir de 1967, par l’intermédiaire de la CMAF encore, MAAF est en capacité de proposer à ses sociétaires une assurance vie.

MAAF grandit avec le souci permanent de répondre aux besoins de ses sociétaires, au-delà de la seule garantie de leur risque automobile.  La mutuelle conçoit ainsi des offres spécifiques à certains métiers. En 1963, pionnière, la MAAF crée un contrat dédié aux mécaniciens-garagistes. C’est le contrat multirisque le plus complet proposé sur le marché. Il prévoit la garantie des véhicules d’entreprise, des véhicules privés, des véhicules confiés, des responsabilités d’exploitation, professionnelle et familiale, des installations de distribution de carburant, etc. 
La mutuelle couvre également des besoins très pointus comme les explosions, pour les métiers où les artisans sont amenés à manipuler des matières explosives. C’est le cas pour les frigoristes, les installateurs de chambre froide, les monteurs en chauffage ou encore les plombiers-couvreurs. MAAF est au service de chaque professionnel et de ses contraintes, sa vocation mutualiste rayonne. 

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De nouvelles garanties voient le jour, à l’instar de l’assurance des bateaux de plaisance en 1965. La même année, la mutuelle passe un accord avec une société de crédit pour proposer des crédits automobiles dans certains départements. 3 ans plus tard, la MAAF s’associe avec 6 autres mutuelles professionnelles françaises pour créer la SOCRAM (Société de Crédit des Sociétés d’Assurances à caractère mutuel), regroupant ainsi 2 millions de mutualistes. Son but ? Offrir des conditions de crédit encore plus avantageuses à ses sociétaires.

Les contrats et garanties du risque automobile poursuivent leur évolution tout au long des années 60. Des ajustements sont réalisés pour conforter le risque auto, notamment grâce à l’introduction d’une franchise systématique dans les contrats. L’objectif est double : responsabiliser les sociétaires et pérenniser le modèle mutualiste. On ouvre également l’éventail des bénéficiaires avec l’inclusion des personnes transportées gratuitement dans les garanties auto et la MAAF rend possible la réduction des cotisations pour les véhicules de tourisme qui ne sont pas utilisés dans un cadre professionnel par les artisans. 

La ruche M.A.A.F 

Dès 1963, la MAAF compte 130 000 sociétaires. Le siège social avenue de Paris et rue de Strasbourg, investi il y a pourtant peu, arrive à sa pleine occupation rapidement. On continue à l’agrandir en construisant des bâtiments attenants dans le périmètre de l’existant, 7200 m2 sont occupés, la MAAF est une vraie ruche. 

Maaf-siege-avenue-paris-agrandissements-travaux.jpgLe siège social avenue de Paris et rue de Strasbourg 

En dehors de Niort, on ne parle pas encore d’agences, mais le réseau mutualiste est représenté par des bureaux régionaux, de plus en plus nombreux, que la MAAF inaugure notamment avec la MACIF, dans un intérêt commun de réduire les frais et par souci de non-concurrence. Un accord est d’ailleurs signé entre les assureurs. 

Maaf-bureau-regional-haute-savoie-annecy-annee60-recadre.jpgBureau départemental de Haute-Savoie à Annecy

Le changement de la décennie est aussi celui de la présidence. Jean Trioullier, président fondateur de la MAAF, décède en juillet 1965. Pour lui succéder, deux hommes qui sont dans l’aventure MAAF depuis ses débuts : Charles Séguineaud, élu président lors de de la réunion du Conseil d’Administration du 14 septembre 1965. À ses côtés, Jean Béranger occupera le rôle de directeur général. 

Un modèle mutualiste 

La particularité et le succès du modèle MAAF reposent sur les valeurs du mutualisme : la transparence et un « parler vrai », la proximité avec les sociétaires, le sens des responsabilités partagé entre mutuelle et communauté des adhérents. Le « mutualisme pragmatique » qui fait la singularité de la MAAF pointe déjà en filigrane : un modèle simple, vertueux. Qui repose sur une relation de co-responsabilité entre MAAF et son client sociétaire

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L’adhésion des sociétaires à ces valeurs garantit la pérennité et l’intégrité de la mutuelle et fait d’eux des « assurés-associés ».

Dans une Mutuelle, les assurés sont des associés qui, sans rechercher aucun profit, se sont groupés pour mettre en commun leurs risques afin d’en répartir les charges entre eux tous. (…) Il ne s’agit pas, comme cela est souvent reproché aux Mutuelles, de pratiquer l’assurance à bas prix, mais de rechercher le juste prix, c’est-à-dire de demander à chaque mutualiste la juste part de cotisation qui correspond au coût global des risques mis en commun.  

                                                                                                      (Contact numéro spécial, oct. 1962)

L’un des principaux avantages de cette forme d’assurance ? Des cotisations raisonnables, grâce à la suppression d’intermédiaires commissionnés. En contrepartie, tous les assurés associés sont encouragés à devenir ambassadeurs de la mutuelle, en invitant de nouveaux professionnels à rejoindre les rangs de la M.A.A.F. 

En mutualité, l’intermédiaire c’est le sociétaire lui-même. Il en est le meilleur propagandiste, et la rémunération du service qu’il rend à sa mutuelle en lui adressant de nouveaux sociétaires, il la trouve dans la réduction de sa cotisation par rapport à la prime payée par les non mutualistes.   

                                                                                                         (Contact n° 15, 1963)

L’importance d’élargir le sociétariat est régulièrement rappelée aux assurés. L’enjeu de la « recommandation » est d’autant plus important que la M.A.A.A.F., devenue la M.A.A.F., étoffe son panel de garanties tout au long de la décennie avec en ligne de mire son objectif de rallier toujours davantage de professionnels au sein de la mutuelle. 

Plus la M.A.A.A.F. aura de contrats, plus la stabilité de ses cotisations sera assurée. Et ceci, parce que vous êtes : assurés en même temps qu’associés.  

                                                                                                      (Contact n° 11, 1961)

Une étroite collaboration

La rubrique consacrée au courrier des lecteurs dans Contact est une brillante illustration de la collaboration et de la proximité entre les assurés et le siège, ce dernier étant particulièrement attentif aux suggestions faites. Le traitement de ce courrier est laborieux, mais indispensable pour expliquer, avec toute la pédagogie nécessaire, mais aussi écouter et améliorer ce qui peut l’être. Ce qui fut au départ un simple encart devient une rubrique courant sur plusieurs pages. L’écoute et la prise en compte des propositions des sociétaires qui fourmillent d’idées et de suggestions permettent d’améliorer le modèle mutualiste, et même de proposer de nouveaux slogans de prévention routière ! 
En voici une : 

"L’âme du vin"
D’un de nos lecteurs qui a conservé l’anonymat, nous avons reçu le slogan « Cuver son vin en voiture est malsain ». Après hésitation, nous avons décidé de le passer dans « CONTACT » non pour sa forme littéraire mais pour sa valeur préventive et, puisque nous y sommes, pourquoi ne pas ajouter « alors que c’est parfois si agréable, ailleurs… ». Si vous avez des idées de slogans éducateurs… Adressez-les nous. 

                                                                                                              (Contact n° 16, 1963)

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Les pages de Contact constituent un espace de prolongation des assemblées générales, c’est un lieu ouvert de débat et de partage. 

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Maintenir le lien avec plus de 100 000 sociétaires 

Continuer à informer 100 000 artisans sur les avancées et les nouveautés de la MAAF ; préserver la possibilité d’échanger, de débattre et de partager entre le siège social et les sociétaires ; communiquer les nouveautés relatives à la circulation automobile… Car les sociétaires l’ont déjà compris : l’information délivrée, comme les dispositifs de prévention suggérés via le magazine Contact permettront au final à la mutuelle de réduire les accidents, et donc de réaliser des économies, qui se transformeront pour les sociétaires en économies…

Nous recevons tous les jours un abondant courrier, où nos sociétaires sollicitent de nos services non seulement des renseignements sur leurs affaires personnelles, mais encore des éclaircissements sur la législation de la route et des précisions sur les diverses formes de contrat que nous leur proposons.

Le bulletin de 4 pages en noir et blanc qui a vu le jour en 1953, s’est étoffé et continue à s’étoffer tout au long de la décennie pour communiquer toujours plus d’informations utiles aux sociétaires. Disposer d’informations simples, claires et transparentes est déjà une exigence forte de leur part. Pour MAAF, la conception et la distribution de « Contact » - qui a trouvé sa place tout naturellement au sein de son organisation - représentent un budget de 25 millions d’anciens Francs par an. 

Afin de continuer à l’imprimer et à le distribuer à tous ses assurés, de plus en plus nombreux, la MAAF fait entrer la publicité dans ce qui est à partir de 1964 un magazine de 12 pages. Néanmoins, la publicité est abordée comme un contenu additionnel à valeur informative. Elle doit aider les artisans à découvrir d’autres produits ou services qui leur seraient utiles. Les sociétaires sont les premiers invités des encarts publicitaires de Contact. 

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« Cette publicité, c’est donc un service, une information supplémentaire : les fournisseurs de l’automobiliste, ceux des artisans, s’y feront connaître. (…) Cette publicité enfin, est ouverte aux sociétaires eux-mêmes. Nous la conseillons à ceux qui ont une spécialité (fabrication ou service) intéressant une clientèle dispersée sur l’ensemble du pays, et qui peuvent la satisfaire ».

Dessinateur Roger Samard pour le magazine Contact de MAAF dans les années 60

Sécurité routière, un sujet de préoccupation nationale

La sécurité routière devient un sujet de plus en plus brûlant. En 1961, on crée l’Organisme national de sécurité routière (ONSER). Cette association a pour but de procéder à des études et recherches sur les accidents de la circulation et les mesures qui permettent de sécuriser la circulation. 

En 1960, 8 295 personnes sont tuées sur la route, en 1969, on en compte 14 664 ! Soit près de 5 fois plus qu’aujourd’hui.... Un Français meurt alors toutes les 40 minutes. La croissance du nombre de victimes est rapide, le nombre d’automobilistes tués double en 5 ans. Au coût humain s’ajoute le coût financier. Selon une estimation, les pertes économiques consécutives aux accidents de la route dépasseront les 10 milliards de francs en 1968. 

Le gouvernement réagit et commande une étude menée par une équipe pluridisciplinaire d’économistes, d’ingénieurs des Ponts et Chaussées et des Travaux publics, techniciens en automobile, chirurgiens, psychiatres et psychologues, correspondants départementaux, juristes, acteurs de l’assurance automobile… Tous les métiers concernés par la problématique de la sécurité routière sont convoqués. 
 

En quelle année le terme « accidentologie » fait-il son entrée dans le vocabulaire ?
1968
1972
1979

L’étude qui en découle aura des répercussions sur les infrastructures, les comportements des automobilistes et les véhicules. Le fruit de ces réflexions concertées doit notamment servir à la conception d’une nouvelle politique de sécurité routière pour 1970. 

Ce rapport est remis au gouvernement et des décisions comme la fixation d'un taux légal d'alcoolémie, la limitation de la vitesse ou l'affectation de crédits importants aux aménagements de sécurité sur le réseau routier ont été prises pour la décennie suivante. 
 

Première limitation de vitesse pour les jeunes conducteurs débutants en février 1969

Et la MAAF dans tout ça ? Elle publie tout au long de l’année 69, des extraits de cette étude, comme des outils pédagogiques visant à sensibiliser les conducteurs, à interroger leurs bonnes pratiques et à les partager, parmi lesquels la sensibilisation des usagers de la route, qu’ils soient piétons ou conducteurs. 

Echangeur de porte de la Chapelle à Paris dans les années 60

Même si le modèle de la MAAF ne repose plus uniquement sur l’assurance du risque automobile, elle continue à œuvrer ardemment sur ce sujet. Fin 1968, la mutuelle assure 335 000 véhicules. Ainsi, de plus en plus de pages du magazine Contact sont consacrées aux sujets de sécurité routière, sous des formes très variées : fiches théoriques et pratiques, décryptage d’accidents, réponses aux questions des sociétaires, partage des nouveautés du Code de la route en pleine construction… Dans le Contact de septembre 1967, on partage les principes généraux édictés par la jurisprudence sur la circulation sur les places à sens giratoire, en attendant qu’un article du Code de la route indique les règles à suivre… 

En quelle année la ceinture de sécurité devient-elle obligatoire pour tous les passagers ?
1985
1990
1992
Croquis accident constat MAAF pédagogie sécurité routière

Une nouvelle décennie s’est écoulée. Dans les années 60, MAAF a planté les premières graines de la diversification de son activité pour répondre plus exhaustivement encore aux besoins des artisans. Elle fait également face à d’épineuses problématiques liées à la sécurité routière, un grand défi commence... La décennie suivante s’inscrira dans cette continuité, avec de nouveaux enjeux à relever et à découvrir !

Une petite sélection de publicités truculentes des années 60 pour terminer…
 

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