Cohabitation des autos et motos sur la route

Publié le 05 janvier 2017 Partager sur :

Entre motards et automobilistes, la cohabitation n’est pas toujours facile. Pourtant de nombreux automobilistes sont devenus motards et comprennent mieux désormais les contraintes des uns et des autres. Les conseils d’Alain Bonhomme, expert MAAF et président de L’A.MO.TO (1), pour améliorer la sécurité de tous.

cohabitation auto et moto sur la route

Sur la route et surtout en ville, les deux-roues ou trois roues sont de plus en plus nombreux. Le partage de la chaussée devient de plus en plus problématique. Les automobilistes comme les motards, prennent des risques inconsidérés pour gagner une place dans le trafic toujours plus dense.

Pour les motards, les automobilistes, plus attentifs à leur conversation téléphonique ou à leur GPS qu’à la route, manquent de concentration et déboîtent souvent en oubliant de mettre leur clignotant... Résultat : une multiplication des accidents aux conséquences parfois graves, en particulier pour les deux-roues.

Loin d’être une fatalité, cette situation peut être améliorée par la simple prise en compte par les uns des contraintes de conduite des autres.

Motards

Ce qu’il faut savoir sur les automobilistes

En raison de leur faible encombrement, les motos sont naturellement moins bien perçues par les automobilistes. Il est alors plus difficile d’apprécier la distance et la vitesse du deux-roues quand celui-ci apparaît petit dans un rétroviseur ou se présente de face, la nuit, devant un autre véhicule. Sans oublier que dans une voiture, le champ de vision peut être réduit par l’existence d’angles morts et les montants du toit.

Par ailleurs, les véhicules de plus en plus confortables et équipés d’outils d’aide à la conduite rendent les conducteurs de plus en plus passifs. Enfin, les automobilistes ne sont pas des motards ; ils ne connaissent pas vos contraintes de conduite et n’anticipent pas comme vous pouvez le faire.

Les bons réflexes

Anticipez, assurez-vous d’être bien vu de l’automobiliste avant de commencer une manœuvre de dépassement par exemple en vous positionnant dans le rétroviseur extérieur, côté conducteur, et en croisant son regard avant de le dépasser. Lorsque vous remontez une file de véhicules arrêtés, roulez au pas et soyez attentifs aux portières qui pourraient s’ouvrir brusquement.

Conseils pratiques

N’hésitez pas à rencontrer d’autres motards dans des clubs motocyclistes par exemple pour partager leurs expériences et perfectionner votre comportement routier (apprendre à dépasser à rouler en groupe ou à gérer les temps de repos sur les longues distances par exemple.

Automobilistes

Ce qu’il faut savoir sur les motards
La vitesse d’un motard sera toujours plus élevée que celle que vous imaginez. Soyez particulièrement vigilant avant de tourner à gauche, de traverser une intersection ou d’effectuer un dépassement.

Même si les motards pratiquent une conduite préventive et essaient d’anticiper le comportement des autres usagers, considérez les motos comme des véhicules à part entière, et non comme des véhicules qui peuvent tout éviter. D’autant plus que la conduite d’une moto est plus délicate que celle d’une voiture. En cause, notamment, la réduction rapide de l’angle de vision dans un casque quand la vitesse augmente : de 110  à l’arrêt, celui-ci n’est plus que de 30° à 130 km/h.

Le freinage à deux-roues est très différent, l’adhérence étant moins bonne qu’avec quatre roues. Il demande de la dextérité, surtout en cas de freinage d’urgence, de trajectoire courbe, d’intempéries ou de chaussée déformée.

Les bons réflexes

Sans pour autant changer de conduite, votre comportement doit évoluer en fonction des conditions de circulation  lorsque vous apercevez un deux-roues ! Respectez-le au même titre qu’un autre usager. Ne faites pas obstruction, ni d’écart trop brusque pour faciliter le dépassement.

Tout comme les revêtements glissants, les plaques d’égouts, les ronds-points, les trottoirs, les gravillons ou les flaques de carburant, sachez que votre manque de vigilance constitue un danger potentiel pour les deux-roues.

Conseils pratiques

Allumez vos phares, au lever et au coucher du soleil ou lorsque les conditions météo se dégradent. Mais attention : n’allumez les feux de détresse ou de brouillard qu’à bon escient.

(1) L’Association  des  MOtards  de TOurisme a pour objet le développement des activités de tourisme de la Fédération Française de Motocyclisme ainsi que la défense des intérêts des motards.

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