Un record annuel dépassé : l’artisanat, valeur refuge de l’entrepreneuriat
Après avoir franchi durant deux années consécutives la barre des 250 000 créations, l’entrepreneuriat dans l’artisanat atteint en 2024 un seuil jamais égalé avec une hausse du nombre de nouvelles entreprises deux fois plus rapide que la moyenne.
Source : INSEE, démographie des entreprises – traitement ISM
Cette tendance est aussi marquée chez les entreprises pourvoyeuses d’emploi (SA, SARL, SAS) que pour les entreprises individuelles (+11%) et concerne tous les secteurs d’activité (BTP +4%, fabrication +9%, alimentation +14%, services +17%).
Précisons toutefois que 2/3 des créations d’entreprise se concentrent autour d’une vingtaine d’activités seulement, alors que l’artisanat en compte plus de 500 différentes.
Top 3 des activités les plus attractives
(Nombre de créations en 2024 ; évolution sur 1 an)
Source : INSEE, démographie des entreprises – traitement ISM
Une dynamique visible dans l’ensemble du territoire
Toutes les régions enregistrent une hausse significative du nombre de créations d’entreprises artisanales. Cette croissance est particulièrement visible dans les bassins économiques les plus denses.
Top 3 des hausses les plus fortes
Source : INSEE, démographie des entreprises – traitement ISM
1 créateur sur 2 change d'activité en se mettant à son compte
Les créations d’entreprise représentent souvent des projets d’évolution de carrière.
Source : INSEE, SINE 2022
L’artisanat attire autant les titulaires de CAP (31% en général ; jusqu’à 41% dans le BTP) que les diplômés de l’enseignement supérieur (30% en général ; jusqu’à 44% dans l’alimentation). Dans l’ensemble, la tendance est à une élévation globale des niveaux de diplôme. A titre de comparaison, on comptait, en 2006, 42% de titulaires de CAP et 15% de diplômés de l’enseignement supérieur.
1 création sur 2 se fait avec une mise de fonds limitée
En moyenne, les besoins financiers pour démarrer une activité artisanale restent relativement faibles : 56% des créateurs ont eu besoin de moins de 2000€ pour se lancer, dont 27% sans aucun apport (principalement des micro-entrepreneurs).
Les investissements les plus élevés concernent essentiellement les artisans du secteur de l’alimentation (40% d’entre eux ayant investi plus de 16 000€).

Source : URSSAF, Travailleurs indépendants dont micro-entrepreneurs.
Zoom sur la reprise d’entreprise
Moins d'1 création sur 10 est une reprise d’entreprise
En 2022, 90% des entreprises créées sont des créations d’activité ex-nihilo. Autrement dit, les rachats ou reprises d’une entreprise existante restent limités (8%).

Source : INSEE, SINE 2022
Un secteur fait exception : l’alimentation, où ce taux atteint 19% des créateurs (dont 15% ayant repris à un tiers).
Reprise de fonds de commerce : une offre stable mais une demande en croissance
Le nombre des cessions de fonds de commerce, indicateur de la santé et de l’évolution des reprises d’entreprises artisanales, n’a pas progressé depuis 2018.
Si l’offre est stable, la demande de reprise, elle, augmente, conduisant à une hausse du montant médian des fonds cédés (84 950€ en 2024, versus 67 600€ en 2018).
Dans le détail, de grandes inégalités territoriales existent néanmoins : plus de la moitié des régions connait une évolution négative des cessions d’entreprises entre 2023 et 2024.

Source : Bodacc, annonces commerciales – traitement ISM
Environ 72 000 sociétés artisanales à transmettre dans les 5 ans en raison du départ à la retraite des dirigeants
Les entreprises artisanales structurées sous forme de société et employant des salariés sont les plus susceptibles d’être transmises.
Actuellement, 6% de leurs dirigeants ont plus de 60 ans (une proportion qui atteint 11% dans le secteur de l’artisanat de fabrication). Ils représentent près de 72 000 entreprises à céder dans les 5 ans et environ 200 000 salariés.
Top 5 des activités comptant le plus de dirigeants de plus de 60 ans

Source : RCS - Stock d'entreprises vivantes, septembre 2025
Le baromètre de l’artisanat est réalisé par l’Institut Supérieur des Métiers avec le soutien de MAAF.
Publié 4 fois par an, ce baromètre met en avant les grandes tendances d’évolution du secteur de l’artisanat dans ses différentes composantes économiques et sociales (caractéristiques des dirigeants, des entreprises, des emplois, selon les secteurs et les territoires).
Sources : les données du baromètre sont issues du traitement et de l'exploitation, par l'ISM, de fichiers de données nationaux de l'INSEE, des publications du BODACC A (ventes et cessions) et du Registre du Commerce et des Sociétés (RCS).





