La réparation automobile s’engage dans une démarche environnementale

Publié le 13 juillet 2021 Partager sur :

Chaque année, plus d’1 million de véhicules partent à la casse (1), alors que beaucoup de leurs pièces sont encore en bon état. Pourtant, aujourd’hui, il est de plus en plus aisé de faire réparer sa voiture avec des pièces d’occasion ou de réparer un élément altéré par un accident plutôt que de le remplacer par un élément neuf. Deux démarches qui présentent un avantage budgétaire certain pour le consommateur et s’inscrivent, l’une et l’autre, dans une consommation plus respectueuse de l’environnement.

reparation auto environnement

La Pièce de REemploi de plus en plus utilisée en réparation automobile

Depuis le 1er janvier 2017 (2), il est possible d’opter pour l’utilisation de pièces issues de l’économie circulaire pour l’entretien ou la réparation de son automobile.  Aujourd’hui les pièces de réemploi (PRE) ne représentent pourtant que 2% du marché de la pièce de rechange en France.  Les signaux sont encore relativement faibles mais se révèlent de plus en plus encourageants. Le marché est en effet porteur et a commencé, ces dernières années, à se structurer et à se diversifier. Le recours aux PRE, dont la qualité et la sécurité sont garanties, s’inscrit - au-delà du bénéfice économique pour le consommateur - dans un engagement sociétal fort pour réduire l’impact environnemental des activités de réparation automobile.

Favoriser l’économie circulaire

L’économie circulaire a pour objectif de limiter le gaspillage des ressources et l’impact environnemental tout en accroissant l’efficacité des produits à tous les stades de l’économie. Favoriser la seconde vie des produits, par le biais du marché de l’occasion, est un des moyens d’atteindre cet objectif.

Depuis le 17 août 2015, le Code de la consommation contient une disposition issue de la loi transition énergétique pour la croissance verte, incitant à l'utilisation des pièces issues de l'économie circulaire, dans le domaine de l'entretien et la réparation automobile : « Tout professionnel qui commercialise des prestations d’entretien ou de réparation de véhicules automobiles permet aux consommateurs d’opter pour l’utilisation, pour certaines catégories de pièces de rechange, de pièces issues de l’économie circulaire à la place de pièces neuves »  (article L. 121-117). Le professionnel a désormais l’obligation d’informer le consommateur de cette possibilité. Et le décret d’application – entré en vigueur le 1er janvier 2017 - est venu préciser dans quels cas de figure et pour quelles catégories de pièces détachées cette nouvelle liberté de choix pouvait jouer.

La Pièce de REemploi, véritable alternative à la pièce neuve

La PRE est devenue une véritable alternative à la pièce neuve. Elle permet d’abord de sauver un véhicule qui sans elle, serait déclaré économiquement irréparable. Dans certains cas, la pièce de réemploi, compte tenu de la multiplicité des modèles, permet de faire face aussi à la pénurie de pièces neuves. 

Opter pour une PRE permet également de ménager son budget. Une pièce de réemploi est en effet vendue entre 40 et 50 % moins cher qu’une pièce neuve, sans pour autant compromettre la qualité du produit et du service associé. Un avantage certain sachant que dans une facture de réparation automobile, le poste pièces représente 45 % de la dépense. 

Enfin, la PRE contribue à atteindre les taux de recyclage et de valorisation souhaités par la loi sur la transition énergétique.

Quelles pièces sont concernées ?

La plupart des pièces sont concernées par cette réglementation : pièces de carrosserie amovibles, pièces de garnissage intérieur et de la sellerie, vitrages non collés, pièces d’optique, pièces mécaniques ou électroniques à l'exception de celles faisant partie des trains roulants, des éléments de la direction, des organes de freinage et des éléments de liaison au sol qui sont assemblés, soumis à usure mécanique et non démontables.

Les garagistes peuvent se fournir en pièces issues de l’économie circulaire auprès des professionnels en recyclage des Véhicules hors d’usage (VHU) agréés par l’Etat, ou remis en état conformément aux spécifications du fabricant. Ils doivent bien entendu respecter la réglementation spécifique les régissant ainsi que l’obligation générale de sécurité et de viabilité, ce qui exclut certaines pièces mécaniques ou électroniques de sécurité.

En effet le décret du 1er janvier 2017 exclut les cas où :

  • le véhicule fait l’objet de prestations d’entretien ou de réparation réalisée à titre gratuit ou sous garantie contractuelle, ou dans le cadre d’actions de rappel ;
  • les cas où les pièces issues de l’économie circulaire ne sont pas disponibles dans un délai compatible avec les délais d’immobilisation contractuels du véhicule ;
  • lorsque le professionnel estime que les pièces de rechange automobiles issu de l’économie circulaire sont susceptibles de présenter un risque important pour l’environnement, la santé publique ou la sécurité routière.

MAAF favorise l’utilisation des Pièces de REmploi 

Afin de maîtriser l’impact environnemental des sinistres Auto, MAAF  a mis en place diverses actions et notamment l’utilisation de Pièces de REemploi pour la réparation des véhicules accidentés quand cela est possible.

En pratique, MAAF préconise l’utilisation d’une PRE pour :

  • Les véhicules légers (VP + VUL) de 5 ans et plus à partir de la première mise en circulation ;
  • Les pièces de robe uniquement (les pièces amovibles de carrosserie et les pièces optiques ou les vitrages non collés).

Le client doit être informé de la possibilité d’utiliser de la pièce de réemploi dès réception du véhicule, et il doit matérialiser son accord sur l’ordre de réparation. A défaut, il ne peut y avoir de recours à la PRE. L’expert vérifiera ce point, et confirmera la possible utilisation de la PRE dans sa méthodologie de la réparation.

Chez MAAF, l’utilisation de la PRE est de l’ordre de 13% du volume de la réparation automobile. Elle impacte ainsi 6% du coût pièce de rechange et environ 3% du coût global de la charge sinistre.

Un comportement responsable qui s’inscrit dans la démarche globale de MAAF pour un modèle de société plus durable. En favorisant la PRE, MAAF œuvre en effet pour réduire l’empreinte écologique de ses activités. 

Une relation gagnant-gagnant
Choisir une PRE permet une maîtrise des coûts d’indemnisation, et donc des cotisations d’assurance auto. Résultat : une équation gagnant-gagnant pour MAAF et pour son client.

Réparer plutôt que remplacer

Pour consommer autrement, le remplacement des pièces ne doit plus être systématique. L’objectif, aujourd'hui, est en effet de réparer plutôt que de remplacer quand cela s’avère possible. Le coût d'une réparation est en moyenne de 30 à 60% moins élevé que celui d'un changement de pièces pour un résultat identique.

Christophe Petrynka, Directeur de CESVI France, nous fait bénéficier de son expertise en matière de réparation. La spécificité du technocentre est en effet de limiter le coût de la réparation – qui peut générer l’augmentation de la prime d’assurance – en utilisant des méthodes de réparation alternatives.

Quelles sont les principales activités de Cesvi France ?
C’est un technocentre, filiale du groupe Covéa, dédié à la formation et à la recherche en assurance automobile. Nous nous inscrivons dans une démarche de conseil dans plusieurs domaines d’activités : l’expertise en accidentologie et la simulation d’accidents, la réparation, l’électronique embarquée, les tests d’équipements et de produits, etc.

Nous dispensons également des formations à destination des experts, des réparateurs et des dépanneurs afin d’assurer un haut niveau de connaissance technologique des professionnels opérants pour MAAF, MMA et GMF. Nous  leur enseignons notamment des méthodes de réparation adaptées afin qu’à leur retour en atelier, ils maîtrisent parfaitement ces techniques et ne recourent pas systématiquement au remplacement des pièces.

L’objectif est de maitriser le coût de sinistre pour que, in fine, le tarif de la cotisation d'assurance soit compétitif. Ce qui permet notamment à MAAF, depuis plusieurs années, de proposer des cotisations automobiles concurrentielles en responsabilité sociétale et environnementale.

Quelles sont les innovations en matière de réparation de pièces endommagées ?
Aujourd'hui, il existe, par exemple, des solutions simples de réparation des phares. Généralement après une collision, le phare bouge mais n'est pas cassé. Ce sont les pattes de fixation derrière qui ont lâché. Certains constructeurs, sous l’impulsion notamment de Cesvi France, ont mis en place des kits de pattes de phares qui permettent de réparer la fixation. Trop souvent encore les réparateurs optent pour le remplacement du phare (de 700 à 1500 € pour un phare neuf) alors qu’une réparation est possible pour une économie  moyenne de 50%. 

Autre pièce importante : le vitrage. Nous enseignons dans nos formations la réparation d’impact grâce à des techniques d’injection de gel dans le pare-brise. 

Dernier exemple, les raccords de peinture. Nous essayons d’optimiser la consommation de produits pour réparer un coup dans une portière. Très souvent, un peintre peu expérimenté sera tenté de faire la pièce en entier. Mais, en réalité, grâce des techniques innovantes de mélanges, de textures, de types de vernis, etc. on arrive à faire des raccords qui sont invisibles.

Réparer plutôt que remplacer, c’est #MAAFaçonDêtre !

(1)    Ministère de la transition écologique, mars 2021.
(2)    Entrée en vigueur du décret d’application de la loi transition énergétique pour la croissante verte).

Que pensez-vous de cet article ?
Pratique