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Qu’est-ce que la cyberthérapie ?

Publié le 09 mars 2017 Partager sur :

Être projeté dans un monde virtuel pour vaincre une phobie bien réelle : tel est le principe de la cyberthérapie. Une technologie immersive pleine de promesses.

Cyberthérapie

Imaginez : alors que les hauteurs vous tétanisent, vous marchez tranquillement sur un pont de bois suspendu au-dessus d’un canyon. Si la scène n’est pas réelle, elle se déroule pourtant bien devant vos yeux.

« Le sujet est en fait plongé dans un univers virtuel, grâce à la technologie 3D », explique Daniel Mestre, psychologue et responsable du Centre de réalité virtuelle de la Méditerranée (CRVM ), où l’on mène une étude* sur l’efficacité de cette méthode dans le traitement de l’acrophobie.

« Le but est d’exposer le patient, progressivement et de manière répétée, à sa peur irrationnelle et excessive des hauteurs pour éteindre celle-ci et ainsi le désensibiliser en douceur. »

Affronter ses peurs avec la cyberthérapie

La plateforme technologique du CRVM est constituée d’une pièce de 27 m3 bordée de quatre écrans géants de 4 m de hauteur, dans laquelle le patient évolue équipé de lunettes 3D et de capteurs. « Il se trouve plongé dans un environnement qu’il redoute : sur un balcon, dans un ascenseur, au-dessus d’un canyon… Un thérapeute est à ses côtés pour l’aider à gérer son stress. » Sa fréquence cardiaque est enregistrée pendant les séances et son activité cérébrale mesurée** avant et après. Huit séances sont programmées pour chaque patient.

Exposer ainsi un patient phobique à ses peurs n’est pas nouveau. La thérapie comportementale et cognitive (TCC) classique repose sur ce principe. Toutefois, la réalité virtuelle présente des atouts : « Nous contrôlons les situations auxquelles nous exposons les patients. C’est moins risqué que de les amener vraiment au bord d’un précipice ! En outre, elle permet de faire du sur-mesure en adaptant et en intensifiant les situations au fil des séances et du ressenti des personnes : augmenter la hauteur d’un pont, rétrécir la taille d’un plongeoir… ».

Une technologie encore coûteuse

L’étude, menée spécifiquement sur l’acrophobie, semble donner des résultats prometteurs. « À son terme, elle permettra de répondre aux questions qui subsistent : cette méthode supprime-t-elle totalement, mais aussi durablement, la phobie ? » poursuit Daniel Mestre.

À quand ensuite un développement à plus grande échelle pour traiter d’autres phobies ? Mise au point en laboratoire, la salle d’immersion est très coûteuse. « S’ils sont certes moins immersifs, les visiocasques, déjà utilisés en Amérique du Nord, pourraient être une solution. » La baisse du coût du matériel et les avancées technologiques pourraient rendre cette technique accessible au grand public dans les prochaines années.

La cyberthérapie a déjà fait ses preuves depuis une dizaine d’années aux États-Unis et au Canada, notamment pour soigner des soldats revenus d’Irak atteints de désordre post-traumatique, ainsi que des patients ayant une peur panique des araignées, du vide ou de prendre l’avion.

En France, d’autres études sur l’efficacité de la réalité virtuelle sont en cours : dans le sevrage tabagique, pour optimiser la relaxation des inquiets chroniques, sur la claustrophobie ou encore sur la dépression résistante avec troubles musculo-squelettiques.

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